| A travers le Grand Projet Rade, Toulon Provence Méditerranée veut s'affirmer comme le troisième pôle urbain de la façade méditerranéenne et tape dans le portefeuille des ménages et des entreprises (taxe professionnelle) pour financer ses investissements.
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« Notre avenir, c'est la Méditerranée, et notre rade, un véritable levier de développement économique et de compétitivité. » Hubert Falco, maire UMP de Toulon et président de Toulon Provence Méditerranée (TPM), entend faire reconnaître son agglomération comme le troisième pôle urbain de la façade méditerranéenne française et bénéficier, à ce titre, d'une reconnaissance nationale et de nouveaux subsides. D'où l'élaboration du Grand Projet Rade, inscrit dans le contrat de projet, 2007-2013, qui entre dans sa phase opérationnelle. Tout repose sur le constat que la rade, située au coeur de cette agglomération de 11 communes et 403.000 habitants, joue un rôle urbain et économique majeur. Elle accueille des activités extrêmement diversifiées (trafics maritimes militaire, commercial et plaisance mais aussi transports collectifs, aquaculture, pêche ou encore tourisme). Représentant plus de 2.500 emplois, ces activités ne sont pas toujours perçues et traitées dans leur globalité. De même, la rade structure le renouveau urbain des centres-villes de Toulon et La Seyne-sur-Mer, les deux principales communes de TPM. Ouverture à l'international
Pour accroître la visibilité du site et de la métropole, le Grand Projet Rade retient une série d'opérations majeures comme le futur technopôle de la mer, destiné à ancrer le pôle de compétitivité Mer à vocation mondiale. Sa base terrestre sera installée sur la friche de l'ancien marché floral de la ville d'Ollioules, 16 hectares dont TPM achève l'acquisition. La CCI Toulon Var y créera aussi un pôle enseignement dans le cadre de son nouveau partenariat avec l'école Euromed Marseille. La base marine du technopôle sera sur le site de Brégaillon à La Seyne-sur-Mer, où plusieurs entreprises et instituts sont déjà implantés (950 salariés), à l'image d'Ifremer, qui va y installer le futur Centre européen de technologies sous-marines. « Entre ces deux sites s'élabore un nouveau schéma d'urbanisme et de développement de l'ouest de l'agglomération avec à la clef un renouvellement urbain et une réorganisation complète des liaisons », précise Jean-Paul Arnaud, directeur général des services de TPM. Tracer l'avenir à vingt ans
L'aménagement de 15 hectares de l'ancienne base aéronavale de Saint-Mandrier, moyennant une enveloppe de 23 millions, va permettre de créer une zone d'activité dédiée à la réparation de grande plaisance et à la mer avec 500 emplois prévus à terme. Le port, désormais transféré au département et à TPM, est aussi au coeur du développement de l'agglomération. Le syndicat mixte qui en assure désormais la gestion - concédée à la CCI - a lancé en 2008 une étude complète pour tracer l'avenir à vingt ans. L'accroissement des croisières et du trafic passagers (passé de 600.000 personnes en 2002 à près de 1,1 million en 2007) est d'ores et déjà à l'ordre du jour, tout comme celui du transport urbain dans la rade et celui de la plaisance. Autre dossier important, le contrat de baie signé en 2002, qui prévoit la réalisation de 105 millions d'euros d'investissement d'ici à 2009 afin d'améliorer la qualité de l'eau de la rade. Enfin, le Grand Projet Rade prévoit la réalisation d'un nouveau centre d'affaires et d'activités au coeur de Toulon grâce à l'aménagement de « l'axe des gares », un périmètre dont une grande partie est une friche de la SNCF.
Pour financer tous ces dossiers - auxquels s'ajoute un futur transport en commun en site propre -, TPM s'organise. En 2007, la taxe professionnelle a été uniformisée à un taux de 25,77 % sur tout le territoire et le produit fiscal a atteint 86 millions d'euros (+ 23 % par rapport à 2002). Cette année, l'impôt ménage a quadruplé (de 0,35 à 1,5 % en moyenne) pour faire passer le produit de 3 à 15 millions.
BRIGITTE CHALLIOL des Echos |